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    La Hollande en train : de De Biesboch à Groningen

    9 août 2017

    Deuxième étape de mon voyage en train en Hollande, après avoir exploré Rotterdam et ses alentours je pars à la découverte du nord des Pays-Bas, à Groningen.

     



    QUATRIEME ARRÊT
    GRONINGEN


    Groningue

     

    Je fais trois heures de train pour atteindre Groningen depuis Rotterdam.
    J’écoute Ben Howard sur le trajet en regardant le paysage. Il est très changeant, je passe dans des petites campagnes adorables avec des fermes entourées de champs traversés par des canaux dans tous les sens à des zones hyper industrielles avec de grosses usines laides.
    À Zwolle un groupe de filles entre, elles hurlent comme des dingues en néerlandais, elles bousille ma tranquillité et je peste dans ma tête.

    Il y a quelque chose de vraiment excitant et stimulant dans le voyage en train, que je n’avais pas retrouvé depuis l’Australie. Le mouvement, le changement rapide et le défilement du paysage par la fenêtre pendant des heures, la musique sur les oreilles et le fil de mes pensées qui se perd dans les kilomètres qu’on parcout. J’active la géolocalisation sur mon iphone pendant tout le trajet pour repérer exactement où se situe les endroits qu’on traverse et les ajouter à la liste des coins où il faudra revenir.

    J’adore Groningen dès que j’y arrive, la gare est tellement belle, on dirait un peu Poudlard mais avec des trains. Juste en face il y a le Groningen Museum qui lui ressemble à un château Walt Disney mais en plus biscornu et moins cucul. Il est plein de couleurs et il jure avec le reste.
    Groningen est isolée tout au nord du pays et, bien que la distance soit légère, j’ai l’impression d’arriver dans un endroit différent de tout ce que j’ai traversé en Hollande, un endroit plus mystérieux, pleins de secrets, de nuances, loin de tout.

     

     

    Au centre touristique sur Grote Markt je discute avec une fille adorable qui est hyper énergique, elle fait plein de blagues, change de sujet toutes les deux secondes. J’aime bien sa vivacité, son grand sourire et sa gentillesse.

    Le premier jour, quand j’explore Groningen, la ville est grise et humide, il est 8 heures du matin, les vélos roulent déjà dans tous les sens, en donnant l’impression de se disperser tous calés sur le même rythme, sur le même mouvement fluide, rapide mais jamais trop brutal, sans empressement.
    C’est le matin que je préfère la ville, quand elle commence à s’éveiller, que son monde va travailler, aux heures où le soleil commence tout juste à briller.

     

     

     

     

    Il y a des petits pavés partout à Groningen, l’herbe pousse entre eux, c’est un arc en ciel de couleurs sous les pieds.

     

     

    En partant pour longer le canal qui entoure le centre, je m’égare dans tous les sens, j’explore toutes les petites rues de Groningen, là où elle est la plus belle, la plus insaisissable. La ville entière est un paradis d’adorable, de mignonneries, de détails. Toutes les maisons sont fleuries, je cueille quelques fleurs sous les fenêtes en ayant peur de me faire poursuivre par des gens pas contents.

     

     

     

     

    Sur les portes des maisons, les amoureux écrivent leurs prénoms.

     

     

    Je m’arrête au  Coffee Break  et je mange un petit sandwich très simple mais délicieux. Depuis le début de mon voyage, je mange des petites choses délicieuses, très fraîches, avec beaucoup de bons légumes et les prix sont vraiment raisonnables.

     

    « I love when
    the only problem of my day is :
    coffee or not ? »

     

     

    Au fil de mon exploration de la ville, je tombe sur un petit magasin, Dille & Kamille. J’en suis un peu dingue, je veux tout voir, tout toucher, tout acheter. Les rayons sont remplis d’ustensiles de cuisine, de nourriture, de livres de recettes, de produits de beauté, de plantes, d’outils de jardin, de jouets pour enfants.

     

     

     

    Je veux trouver un restaurant où manger un Stampot, comme à Amsterdam, j’en rêve depuis des mois. Au Eetcafé Roezemoes, le plat est décliné de plein de manières différentes. Je choisi celui avec de la mâche et des tomates séchées.
    C’est beaucoup trop délicieux et j’ai même du mal à finir mon assiette.
    Le serveur est trop bizarre et drôle. Il n’arrête pas de me faire des blagues, dans un anglais difficile à comprendre, sur la pluie menaçante qui va peut être noyer mon plat.

     

     

     

     



    CINQUIEME ARRÊT
    RIETDIEPHAVEN


    Groningue

     

    Je prend un bus jusqu’à Reitdiephaven, la Marina de la ville, j’ai repéré des photos sur internet il y a quelques temps et depuis je rêve d’explorer cet endroit.
    Le bus m’arrête sur le bord d’une route avec beaucoup de voitures, je m’enfonce dans le petit lotissement et vite le bruit de la circulation disparaît. Ça sent pas la mer mais la campagne, je suis toujours en plein vent, j’ai envie de bondir partout.

     

     

    L’atmosphère y est douce, hors du temps, c’est un peu comme être téléporté dans un village du nord de la terre, froid, coupé du monde, au bord de la mer glacée.

     

     

     

    Je m’assoie sur le bord de l’eau, j’écoute les petites poules d’eau se faufiler entre les roseaux, j’essaie de contenir ma curiosité débordante qui me donne envie de courir partout pour demander à tous les habitants s’ils sont heureux, s’ils ont apprivoisé les canards qui viennent se reposer au soleil sur leurs pontons, si tous les jours sont aussi calmes ici, si la rivière déborde sur leurs tables de jardin, s’ils assoient leurs enfants sur leurs genoux pour conduire les bateaux.

     

     

    La Hollande est tellement venteuse. Partout je me déplace dans des courants d’air qui sifflent et qui m’isolent des autres bruits.

     

     

     

    J’ai envie de rester ici pour toujours, dans ce petit coin tout doux, tellement apaisant. Mais j’ai faim alors je retourne dans le centre de Groningen pour grignoter.

    En repartant, je me dis que c’est terrible, parce que plus je voyage plus mes rêves grandissent, j’ai envie d’habiter partout, de rester dans chaque endroit que je traverse, j’ai envie d’embrasser le monde, d’en découvrir chaque petit coin, d’écrire sur combien il est joli tous les jours.
    C’est tellement de joie d’être vivant et de voyager.

     

     

     

    En rentrant, je suis allée manger chez Bagel & Beans, à Zwanestraat, c’est délicieux. Sur les petites serviettes en papier, il y avait un joli poème que j’ai adoré. La ville est bruyante et très agitée en fin d’après-midi. Il y a des gens partout, des jeunes.

     



    SIXIEME ARRÊT
    PATERSSWOLDER MEER

    Groningue

    Je suis un peu malade, je voulais aller explorer les îles….. mais elles sont trop loins et je n’ai pas le courage de faire plusieurs heures de bus alors je pars pour Patersswolder Meer, un lac proche de la ville. En hiver, quand il est gelé, les gens viennent patiner dessus.

    Il fait gris et humide encore aujourd’hui, l’atmosphère d’avant la pluie. Je pense à la canicule parisienne et je suis heureuse d’être dans la fraîcheur du nord de la Hollande et d’avoir de gros pulls sur moi. J’ai l’impression de fuir un calvaire atroce quotidien et ici c’est le meilleur refuge du monde.
    Je prends le bus à Grotemarkt et en 15 minutes, il me dépose dans une sorte de résidence avec pleins d’immeubles trop moches. J’avance sur Hoornsepad, le petit chemin qui borde l’eau, je m’égare un peu, je marche sur l’herbe humide, tellement verte qu’elle jure avec le reste du paysage, je coure comme quand j’avais 10 ans et j’oublie mes douleurs du matin.

     

     

     

     

    Il y a des petits pontons tout autour du lac, certains sont presque pourris et j’ose pas m’avancer dessus de peur de tomber à l’eau.

     

     

    La marche mène jusqu’à un moulin « De Helper » dans une sorte de petit village au nom imprononçable « Nijveensterkolk ». Les maisons y sont entourées de jolies fleurs, au fond de tous les jardins, il y a une petite barque garée et un accès au canal.

    Il commence à pleuvoir quand j’arrive au moulin alors je fais demi-tour. J’essaie de prendre un autre chemin pour retourner au bus, je me perds, je croise des vaches, des petits poneys mignons
    C’était un coin rafraîchissant, pas exceptionnel mais parfait pour se rafraîchir, s’apaiser, se vider la tête.

     

    Gezellig
    (adj.) cozy, nice, inviting, pleasant,
    comfortable, connoting time spent with»
    loved ones or togertherness after a long separation
    Joli mot néerlandais