Hollande 1

La Hollande en train #1 : de Rotterdam à De Biesboch

21 juin 2017


PREMIER ARRÊT : ROTTERDAM

 

Paris est brûlante, la canicule m’oppresse, je passe des jours à réfléchir comment fuir, où aller le temps d’une semaine pour vadrouiller le plus possible. Je choisi la Hollande, ses petites distances et son réseau de train pas trop chère. 

Je prends le Thalys à Paris à 7h30 et j’arrive à Rotterdam à 10h, la gare ressemble à un énorme navire, c’est joli. Sur le parvis en sortant, il y a déjà plein de vélos qui roulent dans tous les sens.

Je traverse Mauritsweg et je tourne à Oude Binnenweg qui est très animée. Je choisi la terrasse du Sijf pour prendre ma première pinte hollandaise. Juste en face de moi, il y a des maisons avec leurs toits de travers. Je savoure de m’asseoir sous le soleil et d’être revenue ici, dans mon petit pays favori, où tout est toujours merveilleux.

 

 

 

Je me balade dans Rotterdam à pieds. Il y a beaucoup de vent, j’adore ça.
Les noms des rues sont imprononçables, des vélos sont accrochés partout, entassés les uns contre les autres et je me demande vraiment comment font les gens pour les retrouver. Pas un poteau ou une petite barrière ne sont libres. 

 

 

Le quartier d’Overblaak est moche. Tout est gris, il y a plein de gros immeubles hauts, fades, sans charme. Je marche autour des Cubes Houses en me demandant comment c’est foutu ce bazard, si les gens vivent penchés et d’où est venue cette idée folle. 
Je trouve la tour en forme de crayon laide, trop grisonnante.
Le Markthal a l’air chouette mais la foule qui s’y bouscule me démotive complètement.

 


Je prends le métro pour aller dans le port de Delfshaven, le vieux quartier de Rotterdam, à l’ouest de la ville. Sur le chemin, dans certaines rues les immeubles sont très récents, un peu bloc de béton à la hollandaise mais je trouve que ça a son charme.

 

 

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Puis vers Voorhaven tout devient plus mignon, on dirait un peu Amsterdam. Je retombe folle d’amour pour les petites maisons néerlandaises typiques, bancales, toutes basses. Les fleurs grimpent le long des portes et des fenêtres. Le soleil inonde les façades de lumière et les ombres des feuilles s’ agitent.
Il fait vraiment chaud pendant cette ballade, je commence à être épuisée et à me dire bordel je suis venue là pour la pluie et le vent, ils sont où ?

 







 

Rotterdam est jolie d’une manière particulière, c’est un gros mélange d’architecture. Plus je m’y perds, plus je suis surprise de toutes ses nuances. Les quartiers ne se ressemblent pas, ont tous un charme différent et j’ai l’impression de visiter plusieurs villes en une journée. Mon coeur est au vieux Delfshaven et à ses maisons basses et biscornues. 

 


 

Après ma longue promenade sous le soleil brûlant, je file dans la rue de Witte de Withstraat, pleine de monde. Je grignote des croquettes aux fromages (kroketten miam miam) et des frites en me disant que je vais avoir ma dose de gras pour 15 ans. En mangeant je regarde les gens s’agiter paisiblement autour de moi. La fatigue grimpe, je bois une bière qui me fait tourner la tête et je rentre dormir, heureuse.

 


 


DEUXIEME ARRÊT : KINDERDIJK

 

La matinée est fraîche, je déjeune chez Baker & Moore, à Westblaak. L’endroit est immense, je l’ai rien que pour moi. La serveuse chante et danse en nettoyant les tables, sa joie me met de bonne humeur, elle me demande si j’ai besoin de conseils sur les choses chouettes à voir ici. Je la trouve beaucoup trop mignonne.
J’adore les gens spontanés, heureux, qui n’hésitent pas à se laisser aller à la joie, sans pudeur, sans crainte des regards. Et j’adore par dessus tout cette belle hospitalité, cette envie de raconter sa ville, de partager ses petits coins, son quotidien.

Je prends le bateau à Willemskade pour aller jusqu’à Kinderdijk, c’est agréable de l’attendre sur le bord du fleuve, il y a beaucoup de vent, le soleil m’aveugle, je mets mes grosses lunettes et je flotte sur un nuage tout léger de douceur.
Du quai d’embarquement, on voit le pont de l’Erasmusbrug, il est grandiose dans son genre. Il me donne encore l’impression que tout ici est en miniature.
Beaucoup de gens montent dans le ferry avec des vélos, je regrette de ne pas en avoir un aussi.
Par la fenêtre du bateau, je savoure le paysage, je me laisse porte et m’arrête à Kinderdijk Molenkade. L’entrée du parc est juste après l’embarcadère, il faut acheter un ticket dans une petite cabane. Le vendeur parle le français avec un accent néerlandais, on rit ensemble et je m’avance dans le parc.

 

 

 

J’avais peur qu’il soit blindé de touristes puisqu’il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, j’imaginais une foule oppressante mais en faites tout était tellement doux, il n’est pas difficile de s’isoler et j’adore.
Le vent emmêle mes cheveux toute l’après-midi et je prends des coups de soleil.

Les moulins sont dispersés sur une longue allée, bordée de fleurs violettes soyeuses qui dansent dans le vent, on aperçoit toutes les hélices au fil du chemin. Des petits canaux longent le sentier, sur le bord de l’eau il y a des tous petits pontons.

 

 

Je m’assoie sur l’un d’eux, un peu cachée entre les herbes et les roseaux, je me penche au dessus de l’eau et je regarde les poissons se faufiler entre les nénuphars puis j’écoute le vent qui agite les fleurs.

Je pense que j’aimerais bien vivre dans un moulin moi aussi, avec un toit de chaume, j’aurais une barque garée derrière ma maison et je pourrais aller glisser sur les canaux, sous le soleil venteux.
Je pourrais rentrer à Paris, là maintenant, vider mon appart et revenir ici, m’acheter un moulin et rester dans la campagne néerlandaise pour toujours.

 

 

Les heures filent, je crois que je commence à tomber amoureuse de la Hollande, j’ai hâte de tout ce que je vais faire dans les jours à venir, je suis épuisée de ma longue marche mais tellement sereine.
Je bois une bière en attendant le ferry, puis je rentre à Rotterdam, plein de nœuds dans les cheveux, des coups de soleil sur les bras et une immense joie dans mon cœur.

 



TROISIEME ARRÊT
DE BIESBOCH


Hollande-Méridionale

Ce matin, je déjeune au Jordy’s Bakkery.
Il y a une foule incroyable comme si tous les néerlandais du monde étaient venus chercher leurs pains ici avant d’aller travailler. Ils en vendent de toutes les sortes et ils ont tellement l’air délicieux. Sur les tables, il y a un petit vase avec une fleur fraîche, j’ai envie de la piquer. L’odeur des gâteaux, des pains, des viennoiseries se mélangent à celle du café. J’attends que le serveur arrive avec ma commande mais il est débordé par la file de gourmands. Pour se faire pardonner de son retard, il m’offre le brownie au chocolat devant lequel je bavais 20 minutes plus tôt. C’est moi la plus heureuse du monde.
De la terrasse, avec mes douceurs et mon cappuccino, j’observe la ville se réveiller. C’est incroyable cette folie du vélo, même les papas en costard trimbalent leurs bébés derrière eux et les nanas toutes belles et chics avec leurs petites chaussures à talons pédalent comme des pilotes.
Ça rend la ville plus silencieuse. À Paris c’est un énorme brouhaha au réveil entre les klaxons et les cris. Ici tout est plus doux, calme, paisible.

Je finis mon petit déjeuner en laissant mes pensées se perdre sur Rotterdam et je rejoins le port pour prendre le ferry jusqu’à De Biesboch.
Le soleil a disparu, il pleut vraiment fort, le bruit des gouttes contre la taule est assourdissant mais j’ai envie de rester sur le ponton quand même, à l’abris pour regarder la pluie tomber et le vent faire voler dans tous les sens le drapeau hollandais accroché à l’arrière.

Quand j’arrive au parc, la pluie s’est calmée. Je traverse une sorte de forêt avec des petits étangs marécageux. Les feuilles qui flottent sur l’eau sont presque vertes fluo, ça sent un peu dégueulasse mais c’est joli.
La ballade est douce, le ciel lourd, gris orageux et quelques gouttes s’invitent de temps en temps.

 

 

 

Je m’assoie sur un petit banc tagué de plein de mots d’amour, juste au dessus d’un petit ruisseau rempli de nénuphars et je regarde la campagne. Le vent fait danser le champ tout entier en sifflant légèrement.
Je repense à ma campagne à moi, celle où j’ai grandis, où chaque promenade me semblait être une aventure, où j’ai appris la liberté et la douceur de la vie.

Pleins de petits canards se cachent et chantent entre les feuillages, j’essaie de les trouver sans y arriver.

 

 

Le parc est vraiment grand, j’explore une petite partie, là où les canaux se mélangent tellement qu’on dirait un genre de labyrinthe interminable. Je n’ai pas assez de temps pour m’aventurer dans les autres zones alors c’est certain, je devrais revenir.

Sur le bord du chemin, je cueille plein de fleurs sauvages, je parle aux moutons comme quand j’avais cinq ans, j’observe les nuages danser et devenir gris.
Je respire tellement l’air humide de tout mon coeur, j’a envie que la route jamais ne s’arrête.

 

 

Rotterdam

 

Quand je remonte sur le bateau, il se met à pleuvoir des trombes et ça ne s’arrête plus de la soirée.
Une fois revenue à Rotterdam, je bois une bière en terrasse quand même. Je m’abrite sous le paravent. L’eau dégouline de chaque côté, le serveur allume le chauffage, j’entend un morceau de jazz  à l’intérieur, j’écoute les gens parler néerlandais autour de moi, une fille avec un manteau vert est assise près de moi, elle boit une bière, tient son livre d’une main et caresse son chien de l’autre. Je me laisse glisser dans la douceur de ce moment-là et je me sens sereine, légère, comme j’arrive rarement à l’être.

 


La suite de mon voyage

 
La Hollande en train #2 : de Biesboch à Groningen

La Hollande en train #3 : d’Arnhem au Hoge Veluwe
 
 
 
 
 

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