Peut-être

3 juillet 2018

Où étais-je cachée pendant tout ce temps ?
Où est-ce que ma joie dormait ? Ma joie démesurée d’être vivante ?
Peut-être qu’elle était dans la rosée du matin, fines gouttelettes posées sur l’herbe et éclairées par les premières lueurs ? Dans un arbre sous son écorce séchée par le soleil ? Ou peut-être dans une de ces petites roses qui ont peiné à pousser mais qui ont fini par éclore, si minuscules de perfection ? Peut-être que j’étais cachée dans le vent et que c’est pour ça qu’il souffle plus fort ces derniers jours, il essaie à tout prix de me ramener entièrement ici ? Il souffle sur mon visage, me chatouille la nuque, délicat mais brusque, il transporte avec lui les bruits du monde jusqu’à moi. J’étais peut-être recroquevillée dans mon ombre, elle a toujours eu l’air si grande qu’elle pourrait abriter mille coeurs comme le mien. Ou alors dans les lilas et les pivoines fanées, elles sont devenues tellement laides alors qu’elles coloraient le champ, elles annonçaient des journées plus longues, plus chaudes, plus lumineuses. Elles ont mis du temps à éclore et sont mortes en quelques jours seulement. Peut-être que j’étais dans leurs pétales et que je me suis fanée avec elles.

Ou peut-être que c’est une histoire de saison aussi la vie humaine et que je vais fleurir à nouveau, bientôt, comme elles, si le soleil veut bien.

Ce matin la nuit est partie, ce n’est finalement qu’une couleur de laquelle le ciel se pare.

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