Nordmarka

Oslo – deuxième partie

5 avril 2017

OSLO
.
59° 54′ 40″ NORD
10° 44′ 49″ EST
Ostlandet
Norvège
.
Mai 2015
Extraits de mon petit journal de voyage // 2


Oslo, son port et ses îles

Aker Brygge, je m’assoie sur le bord de l’eau, au sol il y a une étoile de mer qui a l’air vivante, je la remets à la mer parce que des mouettes veulent l’attaquer. Elles s’approchent de moi, peu craintives, je les trouve hideuses.
Je prends le temps de respirer, de regarder la mer, les bateaux au loin. L’odeur de l’iode m’avait manqué. Je savoure le froid griffant.

 

 

Je m’enfonce dans Tjulvholmen, je passe entre les canaux labyrinthiques, au milieu des immeubles qui grignotent le ciel. Le quartier ne me plait pas trop, il est trop moderne, trop « aseptisé », trop « chic ». Trop de grandeur, trop de béton. Je ne m’attarde pas trop ici, j’ai un bateau à prendre. Je vais m’aventurer dans le fjord aujourd’hui.

 



 

Dans le fjord il y a plusieurs îles, la plupart sont habitées, je voulais explorer l’une d’elle sans savoir quoi choisir.
Alors, un peu au hasard, je prends le ferry pour aller jusqu’à Nakholmen qui a l’air d’être la plus minuscule et la plus isolée. Le ciel est couvert encore, très gris, lourd, comme s’il pesait sur nos têtes, qu’on pouvait caresser les nuages du bout des doigts. J’aime bien ces ambiances un peu sombres, menaçantes, tellement nordiques.

 


 

Le bateau fait beaucoup de bruit, il y a une fille toute emmitouflée qui le conduit, accompagné d’un homme plus vieux, grand, qui a l’air d’être le capitaine.
La déco est ringarde à l’intérieur, il y a des petits rideaux super moches à froufrous, jaunis par le temps qui ont l’air de dater de trois siècles et de sentir le moisi.
La traversée dure 40 minutes parce que le ferry s’arrête sur toutes les îles, Hovedøya, Bleikøya, Gressholmen, Lindoya et Nakholmen.

Quand je descends sur le ponton, j’ai un moment de panique, du genre « mais si je reste bloquée sur ce bout de terre au milieu de rien, je fais comment ? » Je demande au capitaine à quelle heure il revient et je me dis que je l’attendrais au moins 15 minutes en avance.
Nakholmen est une île de vacances pour les habitants d’Oslo, je crois que peu y vivent à l’année. Les maisons sont toutes identiques, rouges, jaunes avec des drapeaux norvégiens qui flottent dans le vent. Elles sont vides, comme figées par la rigueur de l’hiver, les petites barques retournées sont dispersées sur la côté. 

 


 

L’île a l’air d’attendre le retour de l’été chaud et coloré, de la vie, des gens d’Oslo.

Je cours entre les rochers, je cueille des petites fleurs violettes dans le vent glacial. J’ai l’impression de me prendre tellement d’oxygène en pleine gueule. C’est si bon. Je passe un peu plus d’une heure sur l’île silencieuse. 

Sur le trajet du retour, des vieilles personnes montent sur le bateau, avec des cadis à roulettes, je devine qu’ils vont faire leurs courses en ville et je me demande s’ils font ça souvent ou s’ils mangent beaucoup de boîtes de conserves ou encore s’ils ont des petits potagers qui résistent au climat et aussi s’ils ont peur des fois que la mer les ensevelissent avec ses vagues gigantesques dans leurs petites maisons riquiquis sur leur île riquiqui.

 






La Nordmardka magique d’Oslo

 

« I took a walk in the woods
and came out
taller than the trees. »
Henry Thoreau

 

Le ciel est encore magnifique aujourd’hui, la journée est lumineuse. Je prends le métro 1 jusqu’au nord d’Oslo. Il est tout ringard, je l’adore. Il sort vite des tunnels noirs et se glisse au milieu des vallées dont on peut presque toucher les rochers par la fenêtre. Il roule tout doucement, il tremble un peu, comme s’il allait tomber ou qu’il ne voulait pas trop déranger les arbres et la nature toute entière.
Je m’arrête à Holmenkollen et je marche dans la Nordmarka. C’est magique.

 

 

Le soleil se glisse entre les arbres alors je traverse des puits de lumière magnifiques et ça donne une ambiance vraiment féerique à la forêt.

J’ai envie de cueillir toutes les petites fleurs et de caresser toutes les mousses et de grimper dans tous les arbres pour voir le fjord d’Oslo d’en haut.

 



 

Il y a beaucoup de sentiers balisés mais je suis mal préparée, je ne sais pas lequel choisir, vers où aller alors je marche complètement au hasard et je me repère de temps en temps avec Google maps. Je suis vraiment heureuse, sereine, détendue.

Je m’imagine habiter dans la forêt, apprendre le nom de tous les arbres, n’entendre plus jamais rien d’autre que les oiseaux et le vent dans les feuilles.

 

 

Je croise plusieurs petits groupes d’enfants qui randonnent. Ils sont tous super bien équipés, la bande de mini-aventuiers. Je les entends crier et rire de loin, c’est trop mignon et je me dis que si j’ai des enfants, moi aussi je veux qu’ils grandissent dans la nature, comme des vrais humains.

 

 

Je sors de la forêt au bout de plusieurs heures, je commence à fatiguer, ma marche se termine, j’arrive au métro.

Mon épuisement est agréable.
C’est une bonne fatigue, reposante. Je me sens apaisée, tellement calme et soulagée et c’est exactement ces émotions là que je cherchais en venant ici.
La marche c’est tellement libérateur, j’adore sentir mon corps alourdit par l’effort, l’intensité d’une fatigue saine, qui fait du bien.
Je pense encore à ce besoin de quitter Paris pour être plus légère, plus heureuse, plus proche de la nature et de moi-même. Depuis mon arrivée ici, je suis complètement obsédée par cette idée, elle ne me quitte pas.

Sur le chemin du retour, le métro passe sous un pont où il y a des petits enfants qui agitent leurs bras pour dire bonjour, alors le chauffeur klaxonne et ils rient encore plus, ils ont l’air tellement contents.
Je me suis assise près de la fenêtre pour regarder le paysage et je me répète en boucle dans ma tête que tout va bien, que je dois pas me sentir frustrée de prendre conscience que je ne vis pas au bon endroit, que je dois être heureuse de savoir que je vais partir et réaliser mes rêves.





Oslo, ses petites rues et le Maridalsvannet

Au fil de cette semaine, je commence à ressentir Oslo et à aimer ses mille contrastes que j’avais détesté le premier jour. Chaque rue est différente de la précédente, Oslo est marquée par toutes les époques, tous les styles et c’est fascinant. 

 




Oslo

 

Je suis allée à Damstredet et Telthusbakken. Il y a des petites maisons typiquement norvégiennes, comme j’aime. Elles sont toutes en bois, c’est presque des reliques sacrées. Les petites rues sont grimpantes, irrégulières, envahies de jolies fleurs.
Il y a une vieille dame avec son chat sur un porche, l’air serein, elle le caresse tranquillement sans trop se soucier des gens qui passent devant. On dirait une sorte de petit village dans la ville. Bam, d’un coup, on est hors du temps. Encore.

 





 

J’ai goûté le brunost aujourd’hui et je crois que c’est la meilleure chose de toute la Norvège Norvégienne. J’ai acheté une tartine, il est posé sur du pain aux céréales et après la première bouchée je me suis demandée si je pouvais acheter tout leur stock sans me ruiner. Le fromage est marron, très mou, il est fabriqué avec du caramel, ça le rend un peu sucré mais pas trop. J’ai vu plein de gens d’Oslo le manger avec leur café.

J’ai envie d’une dernière expédition aux alentours d’Oslo avant de partir. J’ai lu qu’il y avait un grand lac au nord, le Maridalsvannet, apparemment une route l’entoure alors c’est difficile de s’y ballader vraiment. Mais je prends quand même le métro, j’arrive dans un petit coin perdu au milieu de maisons et d’enfants qui courent dans tous les sens. Je me dirige vers le lac, je traverse des champs au hasard, je ne suis absolument pas de chemin précis et j’arrive jusqu’aux ruines d’une vieille église, au bord du lac. 

 





 

La praire qui l’entoure est venteuse, immense, le lac agité, il y a quelques personnes qui font un shooting photo autour des ruines, je m’en éloigne un peu, je m’assoie dans l’herbe humide et je savoure mes dernières heures sur la terre norvégienne en me disant que j’ai trouvé ici une immense sérénité. 

« Chercher le bonheur dans cette vie,
c’est là le véritable esprit de rébellion »
Henrik Ibsen

 

Previous Post Next Post

Vous aimerez peut-être...

Leave a Reply