Oslo avion

Oslo – première partie

5 avril 2017

OSLO
.
59° 54′ 40″ NORD
10° 44′ 49″ EST
Ostlandet
Norvège
.
Mai 2015
Extraits de mon petit journal de voyage // 1

 

J’ai besoin de m’échapper quelques jours. J’ai besoin du froid, du vent, de la nature. Je choisi Oslo, par hasard, parce que les billets ne sont pas chères.
J’aime bien acheter un petit guide des endroits où je voyage mais je n’en trouve pas pour Oslo. Alors, je fouille le site de l’office de tourisme de la ville, très complet et je note, dans mon carnet, les bons coins à explorer. 

 

Mon arrivée à Oslo

Je prends l’avion à Paris, mon escale est à Francfort, j’arrive à Oslo sans mon sac. Il a été égaré par la compagnie. Je coure au guichet-des-gens-malheureux, la fille me dit que je vais devoir patienter 3 heures ici, qu’il arrive avec le prochain vol, blablabla, d’autres gens sont dans la même situation, blablablabla, sinon revenez demain. Je pleurniche, j’angoisse, je décide d’attendre. J’ai du mal à calmer mon stress, toutes mes affaires sont dans mon sac à dos, je n’ai quasiment rien gardé avec moi. Pour une fois je me suis dis « fais confiance, tout ira bien, ne te charge pas en cabine ». Idiotie ultime.
Je poireaute dans le hall triste et froid de l’aéroport en pensant que mon voyage est déjà foutu d’avance si je ne récupère pas mes culottes à froufrous.
Pendant des heures je me laisse grignoter par la contrariété.
Finalement mon sac arrive, je file m’acheter un billet de train pour rejoindre le centre ville, je descends sur le quai, je respire enfin la Norvège, je suis soulagée, mon voyage commence.

 

 

J’arrive à l’hôtel en une heure, il y a un petit carnet dans ma chambre, qui parle d’écologie, de l’utilisation modérée des savons, des serviettes, de la clim, tout ça, tout ça. On peut même choisir de laisser quelques vêtements dans un sac en papier, ils seront redistribués aux personnes dans le besoin. Le must c’est qu’ils ont du café gratuit en bas, dans le hall et il est délicieux. 

Une fois mes affaires déposées dans la chambre, je file vite dehors, pressée d’explorer la ville. Il fait une saleté de temps de chien. Je vais jusque sur le front de mer, voir l’Opéra. Il est aussi grandiose que je l’avais imaginé. Un énorme iceberg qui grignote la mer. C’est époustouflant. Il pleut tellement, le sol est trop glissant, le vent souffle si fort et c’est quasiment impossible de grimper sans tomber. C’est une enfoirée de tempête de pluie à la scandinave. Je décide que je reviendrais plus tard, quand le temps sera plus joli.

« There’s no such thing as bad weather,
only bad clothes. »
Les gens d’Oslo

 



 

Je me perd dans la ville, malgré la vilaine météo, pour profiter des quelques heures qu’il me reste avant que le soleil se couche et je suis déçue d’Oslo.
Je la trouve un peu moche, ses rues sont grises, vides et glaciales, trop « en chantier ». Il y a des grues partout, des ouvriers bruyants. D’imposants immeubles sans charme se dressent au milieu des vieux bâtiments, des tours modernes et des constructions hallucinantes.
Je me couche un peu bredouille ce soir, cette histoire de sac et la grisaille me rendent triste.

 

 





Grünerløkka, le quartier arc-en-ciel

 

 

« 3 easy steps to instantly make your day better
1. Smell the coffee
2. Drink the coffee
3. Wake up »
Vu-je-sais-plus-où

 

Je me réveille avec une envie folle de lutter contre ma mauvaise humeur d’hier. Je déjeune au Stockfleths, rue lille Grensen, une chaîne locale. C’est délicieux.
Les deux serveuses toutes blondes sont vraiment trop jolies et souriantes. L’une d’elle me fait un coeur avec la mousse de lait de mon cappuccino et ça suffit à me donner de la joie. Le café est léger, un peu amer mais cotonneux, doux. C’est le meilleur que j’ai jamais bu. Vraiment. Je mange un brownie au chocolat avec, il a un bon goût de beurre et on sent les grains de sucre dedans. Je prends mon petit déj’ en terrasse, l’immeuble d’en face est couleur jaune pipi moche, il y a beaucoup de vent, ça me transporte et tout va déjà mieux qu’hier.

 

 

Je vais jusque dans le quartier de Grünerløkka. Je tombe en amour des petites rues, je ne sais plus où donner de la tête. Les immeubles sont très hauts, hyper symétriques, très colorés, c’est tout différent du centre gris.
Je marche au hasard, je traverse Thorvard Meyers gate, Helgesens gate, Markvein, Øvre Gate…

 

 

J’aime bien la grandeur du quartier, le soleil illumine les façades, Oslo me plait un peu plus aujourd’hui.
Le petit square d’Olaf Ryes Plass est tout joli, entouré de restaurants, de cafés, de bars, de boutiques. Il y a beaucoup d’enfants qui jouent sur l’herbe, sous les arbres, l’agitation autour de moi est légère et apaisante.

 



Oslo graf

 

Je bois un chocolat chaud au Cocoa, dans la vitrine il y a tellement de gâteaux qui semblent tous délicieux. Une bande de copains est assis sur les énormes canapés en cuir douillets et ils discutent. Je mange ma chantilly qui fond, je croque les petites graines de chocolat et je pense que c’est une belle journée, légère, douce.

 

 

Je m’éloigne, je vais vers Maridalsveien et je m’extasie devant tous les graffitis joyeux du coin.

 

Pola Oslo

 

Quand la journée s’achève je grimpe dans le tramway tout bleu et ringard pour rejoindre le centre d’Oslo.
Le soir arrive, je me ballade une dernière fois avant de dormir, je remonte Karl Johans Gate jusqu’au Palais Royal, le printemps est là, on sent les fleurs. Il y a un type incroyable avec des petites clochettes aux chevilles, qui fait de la musique, il ambiance toute la rue, j’ai envie de bondir et de danser avec tous les humains que je croise.
Un petit enfant laisse s’envoler son ballon de baudruche alors je le rattrape et quand je lui rends il me fait un joli sourire et me dit un mot en norvégien, tout timide.

 





L’opéra et Sognsvann sous le soleil

 

Je retourne en haut de l’Opéra, cette fois je peux le grimper. Avec le soleil et le ciel bleu, la vue est incroyablement belle. Le marbre est éblouissant de blancheur, c’est là qu’il y a toute la lumière du monde c’est sûr. D’en haut, les gens sont tous petits comme des fourmis, on distingue difficilement au loin la limite entre l’eau et le ciel.
J’aperçois le Barcode et le nuages se refléter sur ses façades gigantesques. Je trouve les grandes tours moins moches comme ça.

 

« Musid is liquid architecture ;
Architecture is frozen music »
Johan Wolfgang Von Goethe

 



 

Le ciel d’Oslo est tellement changeant. Il est tout cotonneux de nuages souvent, puis d’un bleu intense qui tire sur le noir d’un coup, presque inquiétant. Il devient vite gris, lourd, menaçant.
Le ciel scandinave, c’est une splendeur incroyable.
Rien que pour ce ciel, il faut prendre l’avion jusqu’ici.

 

Ciel Oslo

 


Je cherche un endroit où manger typiquement norvégien sans me ruiner mais c’est difficile. Tout est tellement cher ici. C’est pire que ce que j’imaginais.
Au fil de ma quête, j’arrive à Kristian Augusts Gate et je choisi le Elias Måt & Sant. Il est caché derrière des échafaudages et seule la petite bougie vacillante à l’entrée indique que l’endroit est ouvert.
Une fille avec un sourire timide me donne un menu que j’ai du mal à traduire. Elle me demande mon âge avant de me servir de la bière et je me rappelle ce que j’ai lu. A Oslo, pour lutter contre l’alcoolisme, qui était catastrophique à une époque, la vente d’alcool est très restreinte et surveillée. Moi et mes 21 ans passés, on a gagné le droit de savourer une bonne bière bio, amère, délicieuse.
En attendant ma commande, je regarde les petits détails du restaurant, la décoration est toute jolie, il y a une grande suspension avec des plantes, des bougies sur toutes les tables blanches brillantes, des jeux de société, des coussins moelleux sur la banquette. Je suis en amour. Je grignote un petit pain aux épinards tartiné d’un beurre crémeux, presque blanc. Je me régale déjà rien qu’avec ça et quand mon plat arrive, c’est une explosion de couleurs et saveurs dans mon assiette. 

Je prends le métro, la ligne 6 jusqu’au terminus, au lac Sognsvann.
C’est la fin de journée, tout Oslo fait son footing autour, les premiers mètres de la ballade me gêne, il y a trop de monde, je voulais de la solitude. Je continue à avancer et la foule se tasse, on est un peu dispersés, je respire mieux, je trouve des coins pour m’isoler. 

 

 

Je m’assoie sur le bord du lac, je regarde le soleil qui fait briller l’eau, tous les arbres de la Nordmarka ont une couleur différente sous ses rayons. Il fait frais, il pleut légèrement, une petite brume. Des gouttes fines et gelées se glissent dans ma nuque, sous mon gros manteau pas assez gros. Le soleil me réchauffe le visage, c’est agréable. J’aime bien avoir froid sous la lumière du soleil, c’est une sensation apaisante. Je laisse mes pensées filer.

 

 

Je trouve Sognsvann joli, j’aimerais y revenir à chaque saison pour le voir gelé puis enneigé ou sous une nuit étoilée.
Je rentre dormir en me disant qu’on devrait jamais déconnecter de la nature, toujours vivre proche d’elle, qu’elle fait ressortir les plus belles choses de nous. 

 

 





Akerselva River et les petits magasins d’Oslo

 

Je me ballade le long de la rivière Akerselva, dans la fraîcheur du matin. Il n’y a pas beaucoup de monde, c’est presque silencieux. Je traverse l’Aamot Bridge, dans le Kuba Park, j’ai lu qu’il avait été construit dans une autre ville et déplacé jusqu’ici. Je trouve incroyable ces petites cascades d’eau en plein centre-ville. Oslo est magique pour sa proximité avec la nature.

 



 

Après ma marche, je décide d’aller faire les boutiques.
Je découvre un petit magasin, c’est apparemment une chaîne mais je n’en avais jamais entendu parler, ça s’appelle Sostrenegrene et il y a tellement de petits objets que je ne sais plus où donner de la tête : des gourmandises, des joujous pour enfants mignons, des ustensiles de cuisine, des jolis sacs, des petites boîtes et des grandes boîtes, des serviettes en papier, des bougies, de la peinture, de quoi coudre… C’est un peu le paradis du DIY. Je m’achète un thermos rose avec des nuages et un peu de vaisselle en plastique que j’emporterais avec moi quand je partirais faire le tour du monde dans un camion joli.

Je m’offre un Kanken orange de la boutique Fjällraven à Karl Johans Gate. Je suis trop contente, je vais les trimballe dans toutes mes prochaines aventures.

Je vais chez Heimen Husflid, rue Stortovet, c’est merveilleux, j’ai envie de tout essayer et de tout acheter. Les robes et les objets sont pour la plupart fabriqués mains, suivant les vieilles techniques norvégiennes. J’ai l’impression d’être dans un musée tellement tout me semble incroyablement beau et précieux. Je me dis que j’aimerais bien avoir grandi dans une culture aussi riche, attachée à ses coutumes et ses légendes captivantes.
Et aussi, j’ai envie de devenir norvégienne pour porter une buna et me marier avec la plus belle tenue traditionnelle du monde mondial. 


Pour retrouver la suite de mon voyage à Oslo.

 

 

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