Islande_Gullfoss

ROAD-TRIP en Islande #2 : La péninsule de Reykjanes et le Cercle d’Or

13 octobre 2017

 

 

 Ahhh l’Islande. Après quelques jours à Reykjavik, le moment de commencer notre road-trip est arrivé.
Bye, bye la capitale, aurevoir la civilisation, salut la nature, la liberté, la route. Direction la Péninsule de Reykjanes et le Cercle d’or.




De Reykjavik à la Péninsule de Reykjanes

 

Pendant plusieurs kilomètres, sur la péninsule de Reykjanes, de grands champs interminables recouverts de lave noire séchée, de cratères et de bosses s’étalent devant nous. A certains endroits l’herbe repousse, jaune et couchée par le vent. Le vent incroyablement fort, sifflant sans arrêt, s’engouffre sous mon pull, emmêle mes cheveux à chaque fois que nous mettons le nez dehors. Infatigable, depuis trois jours, il ne nous offre aucun répit et me fait sentir si fragile.

La terre a l’air assoupie alors qu’elle est bouillonnante, le temps semble s’être arrêté quand la lave a cessée d’être chaude pour devenir ces immenses traînées sombres à l’air dangereux même mortes.
Des maisons sont dispersées, certaines très isolées, usées, la tôle est rouillée, bancale, presque au bord de la chute. 


Islande_Cercle d'or

Islande_Reykjanes4



La route est étroite, sinueuse, le soleil aveuglant, je n’ai pas conduis depuis des mois, je dois laisser mes habitudes, mes automatismes revenir peu à peu.
On rejoint Garður et ses phares, à la pointe de la péninsule. Quentin s’aventure, malgré les bourrasques, tout autour, appareil photo en mains. Je me fais plus discrète, une immense fatigue et le climat brutal me ralentissent aujourd’hui.

 

Islande_Cercle d'or

 

On fait une petite pause à Bryggjan Kaffihus, sur le port de Grindavik. Le plafond du coffee shop est décoré de filets de pêches, de rames, de cordes, les murs sont recouverts de photos de bateaux, des étagères débordent de livres, une immense carte du pays est étalée sur le mur derrière moi. Des soupes conservées au chaud dans des marmites, des gâteaux dans la vitrine, un piano dans un coin, des statuettes de vikings… Je ne sais plus où donner de la tête, le café du port rempli de bazar kitsch est si chaleureux.
De vieux islandais discutent assis l’un en face de l’autre, ils ont l’air d’appartenir à l’endroit, d’avoir toujours été ici. J’aime bien les entendre parler, avec leur timbre de voix fatigué, dans leur langue dont je tombe amoureuse.


Islande_Cercle d'or

Islande_Cercle d'or

Islande_Cercle d'or

Islande_Cercle d'or




Islande_Reykjanes

Islande_cercle dor

 

La journée n’est que kilomètres, étendues désolées, fatigue pesante, excitation discrète, on loupe certains points sur la carte sans s’en rendre compte. Plongés dans la noirceur lumineuse de l’Islande, peu à peu, je laisse mes rêves se confondrent avec les paysages, sonnée je glisse sur la route.


Islande_Reykjanes5





Islande_cercle dor

A Seltún les couleurs dansent sous nos yeux. La gadoue bouillante accroche nos chaussures, les petits pontons en bois sont découpés autour des cailloux. Un peu plus loin, Kleifarvatn est sous une immense brume intimidante, son monstre légendaire reste caché à mon grand soulagement, on longe ses falaises noires escarpées et cette sensation d’être minuscules grandit en moi.

 







 

©The National and University Library of Iceland – nordicposter.is






Islande_Cercle d'or

 

C’est au camping de Selfoss, qu’on monte la tente pour la nuit. Une fois le campement totalement prêt, il est encore tôt, il nous reste du temps pour explorer les environs jusqu’à Urriðafoss. En sortant de la voiture, le froid me griffe, les bourrasques chahutent avec moi, je me sens un peu étourdie. La force du vent fait barrage, on lutte pour avancer et là, devant ma première cascade islandaise, je me sens minuscule, une brindille.

 

Islande_Urriðafoss

 

Face aux déferlements interminables d’eau, mes oreilles sifflent, mes cuisses sont gelées et mes pensées se taisent. Les minutes passent, nos doigts et nos nez glacés sonnent l’alarme, il faut rentrer au campement à Selfoss, s’abriter, se reposer.


Islande_Urriðafoss_2



On cuisine notre première plâtrée de pâtes à la sauce tomate dans la grande salle commune avec les autres campeurs. Chacun parle sa langue, j’adore entendre les sonorités se mélanger, ça me rappelle l’Australie, l’agréable bordel des auberges où je dormais. Je retrouve cette joie d’être entourée d’étrangers, ce mélange culturel bouillonnant.

Couchée dans la tente au cours de la soirée encore lumineuse, j’appréhende le froid, le vent et l’humidité. J’ai du mal à m’endormir avec ce soleil insomniaque. Le matelas neuf est finalement trop léger et inconfortable. La première nuit devient vite atroce, je regarde les heures filer en ayant hâte de pouvoir m’échapper. 





Le Cercle d’Or : Thingvellir, Geysir et Gullfoss


Au matin, je suis heureuse de sortir de la tente, davantage pour détendre mon corps, courbaturé et douloureux que par excitation d’aller explorer l’Islande. Après mon énorme petit-déjeuner, je fonce profiter de la douche quand il n’y a personne. J’échappe à la shower party entre gronzesses. Ma pudeur est préservée.
Autour de notre café, on décide de dormir une seconde nuit ici. Puisqu’on part explorer le Cercle d’Or, un peu plus au nord, pour la journée, Selfoss est un spot pratique pour rattraper la route circulaire ensuite. On paie notre emplacement à l’accueil du camping, entourée d’étagères remplies de Lopapeysa et on file.

 

Islande_cercle dor36

 

On emprunte la route 36 jusqu’à Thingvellir en ayant beaucoup de mal à se réveiller. Le trajet est tellement magnifique, dans mon demi-sommeil je sens l’excitation grandir, grandir, grandir, grandir…
On s’arrête près d’une cabane fermée à cause de l’hiver. Une table en bois dans un renfoncement caché du vent nous permet de sortir le réchaud à l’abri et de se faire un grand café qui m’aide à atterrir et à reprendre mes esprits. Je me réjouis qu’on soit aussi libres, qu’on puisse improviser, faire du monde notre cuisine, avoir tout dans notre voiture.

En silence, on regarde le paysage et je me sens enveloppée d’une joie toute douce, d’une sensation de liberté délicieuse, je déborde d’amour pour Quentin, avec qui je partage, sans trop de mots, des moments si légers, doux.



Islande_cercle d'or

Avant de se promener dans Thingvellir, il faut garer sa voiture et payer 5 ISK le parking. Les joies du tourisme de masse s’abattent sur nous.

La dépense un peu chiante est vite oubliée quand on commence à marcher dans le parc. Les accès sont aménagés avec des chemins de bois, déjà blindés de monde, je reconnais quelques personnes qui étaient dans la salle commune du camping de Selfoss. 

Au fil de la balade, on découvre d’abord Öxaràrfoss, l’eau a l’air noire à cause de la couleur des rochers. Il y a quelque chose ici de paisible qui m’attire et me fait du bien.

 

Islande_Oxarafoss

Islande_Thingvellir_2

Islande_oxarafoss_1à

 

On marche dans la faille d’Almannagjà puis on grimpe au niveau de l’Alping.
Marcher dans le froid et le vent griffant est vite physique. Malgré mon gros legging polaire, mes jambes se refroidissent. J’adore ce froid violent qui réveille, qui me fait me sentir vivante. Je sens mes courbatures revenir et se glisser partout. Mon corps a perdu l’habitude du mouvement à cause des 7 heures abrutissantes d’écran chaque jour de mon quotidien parisien. C’est difficile mais tellement vivifiant.

 

Islande_Thingvellir

Islande_Thingvellir2

Islande_Thingvellir1

Islande_Thingvellir_40

 

Sur la côte

Tu arrives sur une côte inconnue
mais pourtant tu reconnais tout
ce que tes yeux voient

et tes oreilles distinguent un murmure bien connu
qui t’a toujours manqué

Tu sens sous tes pieds
la douceur du rêve
et les effluves emplissent tes sens
d’une odeur salée

La mer frappe en ton cœur
par ondes régulières
le battement de cœur de la mer
est ton propre battement

et le parfum sur tes lèvres
t’attire enfin là
où tu devais aller

pour trouver
la mer en toi

la mer en moi

Anna Svanhildur Björnsdóttir



Islande_Thingvellir_41

 

La rivière Öxara serpente dans la plaine humide, des pontons en bois permettent de passer au-dessus, c’est joli et tellement paisible. L’église et la ferme ne sont pas ouvertes au public alors on les observe de l’extérieur. Au loin, les montagnes se dressent dans l’épais nuage gris du ciel. L’horizon disparait, l’Islande n’a pas de limites. Le bout du monde est infini. 

 

Islande_Thingvellir_1

Islande_Thingvellir_3






Après plusieurs heures de marche, on regagne la voiture, on se prépare des sandwichs au bord de la route, on file vers Geysir, autre incontournable du cercle d’or. Le site est littéralement bondé de touristes et pendant plusieurs minutes je râle intérieurement en me disant que ça gâche le paysage fumant. 
Des vapeurs sortent au milieu de la terre orange, à perte de vue, puante de souffre. Des panneaux indiquent des températures jusqu’à 100 degrés, l’eau bouillante à creusé des sillons.

 

 

Sur place, seul Strokkur éructe souvent, environ toutes les 15 minutes. La foule entoure les cordelettes qui empêchent de trop s’approcher, les bras tendus vers le geyser, smartphone en mains. Je m’en sens presque mal à l’aise.

 

Islande_Geysir_1

Islande_cercle d'or_geysir






Plus tard, on remonte la 35 jusqu’à Gullfoss, la dernière étape de notre tour du cercle d’or. Sur le parking d’énormes véhicules impressionnants sont garés. Ici aussi, la concentration de monde me perturbe.
Le vent rend la marche jusqu’à la cascade difficile. Il me pousse, me retient, se dresse devant moi comme un gigantesque mur mouvant qui m’empêche d’avancer naturellement. Je me courbe, je grimace et je me répète que je n’ai jamais expérimenté un truc pareil.
Gullfoss est monstrueusement puissante. L’eau se fracasse avec une force incroyable, violente et le vent la soulève dans une espèce de brume tourbillonnante. Le déferlement a l’air vivant, solide, dur, prêt à tout foutre en l’air sur son passage.

 

Islande_Gullfoss_2

Islande_Gullfoss_4

 

Quand le nuage d’eau se dissipe, on aperçoit le canyon où la rivière Hvità s’écoule, si calme. J’imagine ce paysage figé sous la neige. L’eau glacée dans sa chute, la blancheur aveuglante, les craquements de la glace. 

 

Islande_Gullfoss_5

Islande_Gullfoss

 

Rentrés à Selfoss le soir, je réalise combien le vent m’a chahuté dans tous les sens et la fatigue de cette journée et du manque de sommeil me donnent à peine la force d’écrire mon journal. Je m’endors, épuisée, reconnaissante et tellement heureuse en pensant à tous les jours à venir que je vais passer sur les routes islandaises.






Notre itinéraire







Tous mes articles sur l’Islande





Les photos de cet article ont été prises par moi-même et par mon amoureux-le-plus-beau-du-monde.





Share:
Previous Post Next Post

Vous aimerez peut-être...

2 Comments

  • The Travelling Shed

    Magnifique ! Cette ambiance est tellement incroyable et le gris du ciel renforce cette atmosphère assez mystique ! Normalement l’Islande c’est pour le printemps 2018, on a trop hâte 🙂

    20 octobre 2017 at 7 h 43 min Reply
    • Gomar

      Mystique c’est exactement le mot 🙂
      Le printemps c’est la période où on est partis et c’est super chouette, la transition entre l’hiver glacé et l’été plein de verdure est magique à voir 🙂

      20 octobre 2017 at 15 h 43 min Reply

    Leave a Reply