Berlin

Berlin en été

19 août 2017

Eté 2016. Ma copine Astrid (coucou) s’est installée à Berlin il y a quelques mois et je pars la rejoindre plusieurs jours. J’embarque toutes mes robes à fleurs, mes petites sandalettes et mon gros sac à dos avec le stress fou de prendre l’avion et une excitation immense de partager une nouvelle aventure.

 

Friedrichshain et Mitte

 

J’ai embarqué toutes mes robes à fleurs, mes petites sandalettes et mon gros sac à dos avec le stress fou de prendre l’avion et une excitation immense de revoir ma copine et de débarquer dans une nouvelle aventure. Je pars sans avoir lu grand chose sur Berlin, c’est rare mais cette fois j’ai décidé de me laisser porter par Astrid, de découvrir la ville comme ma copine la vit.

A l’aéroport, je bois un cappuccino trop chaud, je m’assoie sur la moquette qui grattouille et je trépigne d’impatience.
L’Allemagne m’attend, vite.

Je somnole dans un torticoli désagréable pendant tout le vol. J’atterris à Tegel, tout petit et d’un autre temps.
J’ai la carte des transports berlinois dans les mains, c’est une immense toile d’araignée bordélique, les noms à rallonge des stations me semblent imprononçables, j’ai noté le trajet dans un petit carnet. Je bondis dans un bus, dans un train, sur le quai et dans les bras du plus joli de tous les sourires, celui de ma copine mignonne que je n’ai pas vu depuis trop longtemps.

Elle habite dans le quartier de Friedrichshain, j’adore sa rue, les immenses balcons fleuris de soleil, pleins de belles couleurs et les pancartes de gens en colère qui y sont accrochées. Je pose mes affaires et on file dévorer des délices.
Un vélo un peu trop haut m’attend. On se lance dans une expédition brûlante et j’oscille entre une joie débordante et la trouille de louper tous les détails de la ville qui défile autour de moi.

Je rencontre Berlin, enfin.

 

 

Berlin est brûlante et en quelques mètres elle me surprend parce qu’elle est si grande, si espacée, si remplie d’oxygène.
Je suis perdue dans mon euphorie des petits magasins, des devantures avec encore ces mots allemands de 1000 lettres que je ne comprend pas du tout, des portes gigantesques des immeubles démesurément grands et de ses graffitis qui s’étalent sur tous les murs, les uns sur les autres. 

 

 

 

 

A Kopernikusstrasse, on traîne dans quelques boutiques : Blackdoorbeauty et ses murs recouverts de bijoux de toutes sortes, Fumanchuh, ses chaussures un peu dingos et les petites affichettes rigolotes avec des cochonneries écrites dessus, Big Brobot et ses cartes postales fantastiques.
On s’arrête manger des délices mexicains chez Burritos No Hablo Español, sur un petit banc en bois, sous un parasol et je laisse traîner mes yeux sur la rue pour m’imprégner tranquillement de Berlin.
Je sens grimper en moi une joie douce et légère.

 

 

On s’éloigne dans le quartier de Mitte, sous la fraîcheur des arbres de James-Simon Park, on s’y assoie et un type joue de la guitare, sa belle voix chante un morceau qui tourne en boucle dans mes oreilles depuis des semaines, drôle de hasard. Hey hey, my, my, Rock and roll can never die. Il y a des mecs chauves et bedonnants qui sifflent et braillent leur joie de la musique. Un couple discute en buvant des bières, l’herbe est dépouillée, je suis sale de sa terre et on discute de tout ce qu’on a pas encore eu l’occasion de se dire. On se parle comme on le fait toujours, on se raconte nos émotions, on se sourit, on est contentes.

Sur le chemin j’aperçoit la cathédrale de Berlin, grandiose, magnifique. On pédale aussi jusqu’à la porte de Brandebourg, et la Tour de la Télévision grignote le ciel bleue de l’été berlinois.

 

 

 

Le soir arrive, l’heure de l’apéro aussi.
Sur le toit d’un centre commercial, au Klunkerkranich, on boit des bières allemandes, il n’y a presque pas de bulles, c’est du pipi de chat mais c’est frais. Le soleil se couche, des petites guirlandes nous éclairent, on papote dans la foule et la musique. Mon premier jour berlinois s’achève et c’est doux, doux, doux. 

 

Revaler Straße, l’East Side Gallery, la Spree et le Spud

Je me réveille dans une chaleur étouffante le lendemain. J’ai dormi tellement profondément. La journée est déjà brûlante, Berlin est caniculaire et je suis contente d’avoir fuit Paris qui est insupportable ces jours-là.

On se promène à Revaler Straße, au RAW, entre les hangars. Dans ce coin il y a des marchés de créateurs, des expositions et des murs d’escalades mais à l’heure où on y est, tout est encore fermé. On se contente d’une ballade et je m’extasie devant les graffitis, le délabrement, le dépouillement

 

 

 

 

Dans la ville, il y a des vieux photomatons partout, les Photoautomats, 2 euros et 4 prises. Enfermées dans la petite cabine avec les 45545 degrés du dehors et le tabouret trop haut ou trop bas, on rit tellement. Le résultat est moche, mais si drôle.


Chez Fatoush, dans Simon-Dach Straße, je mange une énorme salade avec des falafels délicieux aux graines de sésame. Au milieu des légumes, frais et croquants,  il y a quelques noix de cajoux cachées. Le humus est fin, léger et plein de goût. L’assaisonnement picote mais juste ce qu’il faut. Je suis triste quand je termine mon assiette.
Je découvre le Club Maté, je suis complètement dingue de cette boisson. C’est un genre de potion magique qui redonne tant d’énergie. Je voudrais en ramener des cagettes entières à la maison.

 

 

Je me réjouis tellement des gens qui parlent allemand sans que je les comprenne, de ceux qui se baladent dans la rue tout tatoués et percés avec leur look du “je m’en fous je fais ce que je veux”, les mamans punkettes qui serrent leurs petits bébés mignons dans leurs bras. Berlin respire la liberté d’être, d’exister.

 

 

On descend vers l’Est Side Gallery en passant par Warschauer straße, J’aperçois le métro jaune kitsch qui file sur les voix, un peu de vent rafraîchit mon visage.
Je marche le long du mur, je regarde les graffitis, je lis les messages et j’ai un élan d’amour pour Berlin et tout ce qu’on lui a fait de mal et d’absurde.

 

 

 

 

On pédale partout dans la ville, je suis nulle pour démarrer aux feux rouges, je trébuche sur mon vélo trop haut et j’agace ceux
qui sont derrière dans la file.

Tout est tellement grand mais les immeubles ne cachent pas le ciel et les rues ont des routes à quatre voix, les trottoirs peuvent contenir un millier de passants, on respire tellement bien, malgré la canicule, on respire. Les vieux immeubles se mélangent à de plus récents, à des entrepôts un peu moches, de jolis parcs mignons, c’est un immense bazard de toutes les époques, de tous les styles.

 

 

 

Il y a des musiciens partout dans les rues et des petits attroupements de gens tout autour qui savourent la musique. On tombe sur un groupe d’autrichiens qui font un genre d’éléctro trop cool avec entre autre des ustensiles de cuisine. Ils s’appellent les Noise Pot. Astrid et moi, on les écoute un moment en riant parce que quelques personnes complètement perchées dansent comme des joyeux dingos, un type avec une sorte de petit chapeau d’enfant bondit dans tous les sens. J’achète leur CD et je me dis que j’ai pas fais ça depuis au moins 10 ans et que c’est sacrément chouette.

 

 

 

 

Au soleil couchant, on s’assoie sur le bord de la Spree, il y a un festival de musique, un vieux monsieur avec une énorme barbe grisonnante danse, il est tout maigre, il porte des bretelles et un casque pour protéger ses oreilles, tout le monde sourit en le voyant aussi heureux.

A la terrasse du Spud Bencer, où ma copine travaille, le soleil s’est couché, seules les lumières un peu rouges du restaurant nous éclairent et on dévore des burgers délicieux en se disant que c’est fantastique. Les copains de ma copine viennent s’asseoir tour à tour sur les chaises restées vides autour de notre table. J’adore la compagnie de ces gens.
Il fait chaud mais un léger vent se glisse sur nous. Je suis heureuse malgré ma fatigue débordante.
Je regarde le sourire de ma copine et ses jolis yeux cachés derrière ses lunettes et je pense que tout est beau.

 

 

 

La nuit tombe, on boit un gin qui dérange mes papilles.
On s’embarque dans des clubs exceptionnels qui sentent la fumée et la transpiration, où les gens dansent dans une mollesse étrange, un peu comme des gros chewing gum humains. La techno bourinante me fait du bien. On danse, on reprend nos vélos, on danse ailleurs, on s’épuise dans la musique, on porte des tonnes de bracelets lumineux de toutes les couleurs, on rit fort et avant le lever du jour on rentre dormir. 

Prenzlauerberg, Mauerpark et l’Urban Spree

Quand on part à l’aventure à Prenzlauerberg, au nord de Berlinc’est la journée la plus chaude, on a dépassé les 30 degrés, on s’arrête toutes les 10 minutes dans des petites épiceries, j’achète une bouteille d’eau fraîche et je la bois en trois secondes.
On rentre dans un café sombre et frais dont j’ai oublié le nom, on grignote en buvant une limonade, je m’achète une robe à fleurs chez Heimzucht, tout est tellement brûlant dans la ville. 

 

 

 

 

On se ballade dans l’immense Mauerpark, l’herbe a des trous, elle a arrêté de pousser à certains endroits.
Il y a des gens partout, certains bronzent au soleil, d’autres s’entassent à l’ombre pour chercher un peu de fraîcheur.

 

 

Le soir, à l’Urban Spree, on se repose sous les guirlandes lumineuses, des gens s’assoient autour de nous, des inconnus. On boit des bières allemandes, c’est toujours de la flotte sans bulle
Il y a un type, le videur, qui parle le français en disant des phrases à la con “je suis un garçon et j’aime le jambon”. On rit. Il y a de la fatigue qui flotte autour de nous mais il y a aussi beaucoup de douceur, de la joie délicate et douce.

 

A bientôt Berlin

 

Quand il faut rentrer, c’est à reculons et avec l’envie de tout plaquer pour rester ici.
Sur le trajet de l’aéroport, mon train tombe en panne, je monte dans le suivant qui s’arrête quelques stations plus tard. Je comprends que je dois quitter le wagon en voyant tout le monde en sortir. Les hauts parleurs ne diffusent que de l’allemand, je ne saisie pas un mot, je panique un peu. Je coure sur le parvis de la station, je repère un taxi et j’arrive à attraper mon avion qui me ramène à Paris. 

Quand je rentre de Berlin pendant quelques jours je garde la trace des tampons d’entrée des clubs dans lesquels j’ai dansé et je les regarde quand je suis dans le métro pour aller travailler en me disant “ah oui ce que c’était bien.”

 

 


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